Publié par : Olivier | 25 juin 2010

Le Grand Karthala

Oui, j’avoue tout ! C’est moi qui ai tardé pour écrire une nouvelle page du blog, mais disons que depuis un mois, on a été pas mal occupés. C’est vrai que nos semaines sont assez chargées, mais nos week-end le sont également ! Donc difficile de vous faire partager nos découvertes !

Que s’est-il passé depuis un mois ? Plein de choses, mais je vais m’attarder sur une de nos dernières expéditions : l’ascension du volcan Karthala ! Et ouvrez grand vos mirettes, les photos valent le détour et ne reflètent que le dixième de la réalité.

Enfin, avant cela, on a quand même fait pas mal de choses… Déjà, on a fêté très simplement l’anniversaire de Marie en se faisant un resto sur Moroni et le week-end suivant (c’était l’objet du cadeau), on est partis à Mayotte pour voir la famille… Anne et Clément, et aussi Mathilde ! Au programme, bivouac sur un des îlots Maorais où on a eu la chance de voir des tortue, une gigantesque raie et plein d’autres poissons. Bref, un week-end bien chargé, surtout qu’une fois rentrés aux Comores, on a enchaîné avec le boulot.

Là, encore une fois, week-end chargé, mais moins drôle car on déménage à Voidjou (un peu au nord de Moroni) dans une très jolie maison en bord de mer… vue paradisiaque sur l’ouessant ! C’est la maison que l’on devait reprendre définitivement, mais le propriétaire voulais l’occuper pour les mois de juillet-août, donc on y sera que durant 15 jours. A ce propos, merci à Gaëtan et Laëtitia, car c’est grâce à eux qu’on a pu occuper cette maison alors que va bientôt nous rejoindre la famille !!!

Donc, on prend nos marques dans notre nouvelle maison. Cela nous change du petit 2 pièces d’avant, car la maison est vraiment plus grande avec une large terrasse qui domine l’océan indien. En plus, Arbitre (le gardien) et Halima (qui s’occupe de la maison) rendent notre séjour encore plus agréable. D’ailleurs, Halima nous prépare souvent des petits plats… et là elle avait en plus fait des crêpes maison ! Sans exagérer, ses crêpes étaient largement meilleures que bon nombre de crêperie françaises !

Voilà… les jours passent vite (ah, oui, il faut que j’écrive sur le blog, me dis-je… et puis la journée est déjà terminée). Là, c’est déjà le jour où la famille vient nous rejoindre aux Comores ! On loue un 4×4 pour l’occasion, car on sera 7 en tout et cela permet de se déplacer tous ensemble ! Le programme était assez intense…

On a commencé doucement, avec un concert de Maalesh (un artiste comorien très connu) et de Florence qui l’accompagnait au violoncelle… C’était vraiment un beau mélange des genres et le concert a ravi toute la salle qui était pleine à craquer ! Mais nous sommes partis nous coucher tôt car le lendemain… lever à 4h30 du matin pour :

L’ascension du Karthala !!!

Le réveil était difficile, mais Marie et Chantal (qui restaient à Moroni) nous ont accompagné de bon matin… On part pour Mvouni à 5h du mat’ (enfin on était un peu en retard) pour rejoindre les guides qui nous attendaient là bas.

Tous les 5 (Daniel, Claire, Anne, Clément et moi) on part pour une loooongue randonnée pour atteindre les hauteurs de la Grande Comores ! Nos guides étaient trois : Moussa, qui a grimpé le Karthala pour la première fois en 1977, et Saïd & Saïd qui portaient l’équipement et la nourriture. 6h sonnent déjà alors que l’on est déjà en route sur le sentier. Pour cette première partie, pas beaucoup de photos, mais lors des premières pauses, on en profite pour sortir les appareils…

Moussa (notre guide) et Daniel

En expédition pour le sommet

On avait de la chance, la météo était avec nous… ciel légèrement nuageux pour ne pas avoir trop chaud… et pas de pluie prévue. On monte donc tous les 8 à un pas bien cadencé, en ne sachant pas trop comment ménager nos efforts car on ne savait pas trop bien quelle était la distance à parcourir. On demandait parfois combien de temps il restait, mais on a pas tout de suite compris que la notion du temps chez les comoriens était radicalement différente de la notre et que le « il reste 20 minutes » pouvait facilement dire 40 minutes, voire plus d’une heure…

Après avoir passé la barre nuageuse

Bref, quand on monte au Karthala, c’est en fait très vallonné… une fois qu’on a passé un le vallon, on se dit qu’on va voir le sommet derrière, mais en fait non ! et ça a du nous faire ça pas mal de fois qu’on ne les a même plus comptées… mais bon de toutes les façons, il reste « environ 20 minutes » pour arriver au sommet !

Ce passage était assez curieux, car on était à hauteur des nuages, que l’on a littéralement traversé. Juste au dessus de la couche nuageuse, on arrive au niveau de l’abri où l’on dormira ce soir… On y laisse donc les gros sacs pour ne partir qu’avec le nécessaire, de l’eau et une polaire car là-haut, il fait froid… très froid !!!

Les rares animaux en altitude

La végétation se raréfie aussi

Bon, on a déjà du faire au moins 7h de marche, en comptant les pauses, pour arriver au point des 2000 mètres. C’est là que finalement, on se pose pour le déjeuner. Sur le chemin, on avait déjà pas mal entamé les paquets de gâteau, les fruits secs, les oranges et les bouteilles d’eau, mais on avait trop faim et le déjeuner est descendu aussi sec ! Sandwich à la sardine et à la tomate… à laquelle on a même rajouté de la confiture d’orange… si, si, essayez c’est super bon… ou alors, c’est qu’on était réellement affamés. Et pour citer Claire qui résume parfaitement la situation : « J’ai jamais autant kiffé la sardine ! »

Kiffe ta sardine

Bon, sinon une fois rassasiés, on repart de plus belle pour les prochaines « 20 minutes » de marche et, quarantes minutes plus tard, on atteint fièrement le plateau au sommet du Karthala. Sur le chemin, on voit nettement que la végétation change. D’une flore luxuriant en dessous le manteau nuageux, on est passé à une végétation plus rare et souvent déssechée. Cela s’est d’ailleurs amplifié jusqu’au sommet car le paysage en est presque devenu lunaire !

Zitoune sur la lune

Sur le plateau du Karthala ...

Là-haut, le vent soufflait très fort et était aussi très froid. Pas loin de 5°C, je pense, car on voyait de la condensation lorsque l’on expirait. Cela dit, le paysage était impressionnant. On était au bord du gouffre et bien que le volcan n’était pas en activité, on pouvait voir quelques nuages de fumée sortir du fond. Mais bon… pas de lave rougeoyante pour autant ! Il faut savoir que le Karthala possède la plus grande caldeira au monde, le plateau de 3km sur 4km qui domine le gouffre d’une profondeur de 300 mètres. Cela vaut bien une photo pour immortaliser la bouteille d’eau…

... et l eau plate du Karthala

Sinon, après plein de photos sous tous les angles, on redescend car il commençait à faire froid, et on ne voulais pas non plus rentrer trop tard car la nuit tombe à 18h en ce moment.

Vers le cratère

Un dénivelé de 300m

Le cratère

La famille au top !

Les anciennes coulées de lave

Un petit pas pour Zitoune...

On fait donc le chemin inverse, un peu hagards de cette journée extraodinaire mais fatiguante et nos derniers pas étaient un peu mécaniques, sans trop réfléchir. On rejoint le campement de base, où un des guides était resté pour monter les tentes.

On croirait une vue d avion

Retour au camp de base

Là, on admire le paysage du soleil couchant, alors que nous étions encore au dessus des nuages. C’était vraiment magnifique. On nous appelle pour dîner autour du feu, dans l’abri. Cela tombe bien, car on commençait à avoir faim… Le manioc et les patates douces cuisaient déjà dans le feu et les mabawa (ailes de poulet) et les brochettes étaient aussi en train de griller. A l’extérieur, la lune, presque nouvelle, et le ciel sans nuage promettait un extraordinaire spectable d’étoiles.

Le ciel

Le ciel, encore

Le ciel, et encore

Chacun rentrait dans sa tente pour se reposer d’une journée harassante alors que l’on apercevait Hahaya au loin.

A table

Au coin du feu

Il brûle bien ce bois, hein Claire ?

La nouvelle lune

Hahaya de nuit

La nuit étoilée

De bon matin, le paysage était tout aussi éblouissant… et s’étendait à perte de vue. On semblait dominer toute l’île de Ngazidja. Une fois le petit-déjeuner englouti, on repartait pour rejoindre Mvouni, notre point de départ. On arrive dans la forêt, toujours étonnés par la flore qui y pousse, on se demande comment, à même la pierre volcanique. On aperçoit Moroni que l’on rejoindra quelques heures plus tard.

Le réveil du campement

Standing on the top of the world

Contraste

Retour à la nature luxuriante

Moroni vue d en haut

Un caféier

Arrivés à la maison de Voidjou, on raconte notre périple à Chantal et Marie, mais le reste de la journée fût assez calme. De toutes les façons, on avait comme consigne de ne pas sortir de chez soit du fait des récents évènements à Moroni. On se reposa donc jusqu’au soir où l’on a observé le même coucher de soleil mais sous un angle assez différent de la veille.

Coucher de soleil vu de la maison

Un conseil si vous venez en Grande Comores, mettez une polaire dans votre sac même si cela prend de la place car l’ascension du Karthala est à ne manquer sous aucun pretexte. Alors, vous venez quand ? 🙂

– Olivier

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Responses

  1. Une belle ascension et de magnifiques photos. J’avais lu qu’il faisait froid là-haut et que la polaire était de rigueur. Quelle différence avec le niveau de la mer. Cela me plairait pour les paysages mais l’ascension n’est pas pour moi. Je pense que Chantal et Daniel ont dû rentrer avec de beaux souvenirs plein la tête.
    Bonne continuation et gros bisous à vous deux
    et… à bientôt.
    Mom

  2. Merci merci merciii zitounet pour ce superbe récit!! Depuis le temps que j’attendais de vous relire un peu sur ce blog, là je peux dire que je suis servie! C’est un réel plaisir de vous lire, détail àpresdétail, pasà pas, et vraiment un immense bravo pour tes photos qui sont d’une, très parlantes et de deux, juste magnifiques 😉 Je regrette vraiment de ne pas être venue aux Comores, mais ce n’était pas l’envie qui me manquait!! Puis ce volcan, moi qui adore la rando.. En tous cas , grâce à ce récit, c’est un petit peu comme si j’étais avec vous.. J’espère que vous allez bien sur votre île, que vous boulots vous épanouissent toujours autant, vous me manquez énormement, prenez soin de vous.

    Matoo

    • Hé ça va Mathou!!! Merci du compliment pour les photos (surtout venant de toi). Ben oui, on disait à chaque fois qu’il y avait les 3/4 des sisters ici… mais bon, bien content que tu aies pu partager cela par l’intermédiaire du blog, bien que je doute que tu aies partagé notre fatigue 🙂
      En tous les cas, (re)viens quand tu veux… mais tu le sais déjà ! Et congrats aussi pour la fin de ton année. Ca cartonne chez vous sur ce plan là en ce moment entre Claire et toi…
      bizbiz
      – zitoune

  3. c’est super d’avoir un peu de tes nouvelles et les photos magnifiques. Ici c’est toujours le bordel elles accouches partout on va devoir faire des lits superposés. Profite bien et quand tu feras une halte en france viens nous voir . Bisous

  4. Grand merci pour le temps passé à rédiger ce blog et ainsi donner de vos nouvelles … Magie également de la technique… Pour moi, cela change du Yukon et permet de  » voyager » …
    Salutations et belles continuations!

  5. superbe vos photos… on imagine bien qu’en réalité, cela doit être encore plus grandiose. Merci pour vos récits et photos, bonne continuation à tous les deux avec une bise spéciale à ma collègue Marie.
    Marie

  6. Magnifiques toutes ces photos!!! Merci pour le récit Olivier!
    Mais…..y aurait pas encore un peu de relachement dans l’air là??
    LOL
    la suite la suite!!!!!
    Bises

    Marie K

  7. Salut,

    Je serai sur place dans 2 mois et comme je ne connais pas encore cette île de l’archipel et que je désire passer au moins une nuit au sommet du Karthala, je me demande si on trouve facilement du matériel de bivouac (tente, matelas et sac de couchage). j’aimerais aussi avoir quelques infos sur les tarifs des guides et de l’endroit où je pourrai en trouver.

    Merci d’avance pour la réponse et peut-être à une prochaine rencontre imprévue sur un sentier comorien…

    STO

  8. Bonjour,
    nous partons mardi 29 mars 2011 en grandes comores. On habite Mayotte.
    Et nous cherchons des coordonnées de guides pour gravire le Karthala. Est ce que vos guides ont une adresse mail ou des coordonnées telephoniques a nous communiquer.
    Merci
    Yann

  9. vous m’aider bocoup sur mon devoir merci

  10. Ayant’réalisé cette ascension en1986 ou 7 cela m a fait un immense plaisir de retrouver des vues de ce périple…

  11. […] View into the northern Caldera. (© Marie & Olivier) […]


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