Publié par : Olivier | 7 novembre 2010

C’est pas Bocuse, mais…

Hé oui, bon ça fait bien longtemps que l’on n’a pas écrit sur le blog… Tiens, c’est drôle, je commence souvent mes messages comme ça. Mais en fait, on a souvent quelque chose de prévu et jamais de temps pour le raconter… D’ailleurs, promis, on vous racontera notre excursion à Mohéli, mais la prochaine fois donc !

Aujourd’hui, c’est dimanche et je suis tout seul à la maison sans trop le droit de sortir. En fait, Marie est quelques jours à Mayotte et comme c’est le week-end des élections, l’ambassade donné comme consigne de rester chez soi pour éviter tout problème. Donc me voilà en confinement, tout seul donc (ou presque) car il y a également le chat qui était particulièrement intéressé par ce qui va suivre ! Comme chaque matin, on aperçoit des pêcheurs sur leurs bateaux (ou galawa) qui reviennent sur la rive avec leur pêche.

C’est vrai que l’on achète assez peu de poisson au volo-volo (le marché de Moroni) car les conditions d’hygiène (pour la viande et le poisson) laissent à désirer. Pourtant on est sur une île dans l’océan indien… et quoi de mieux pour manger de poisson ! Donc, je m’en vais voir un des pêcheurs qui était proche de la rive ! C’est le moment de tester nos cours de comorien. Ah oui, je vous avais pas dit, mais on apprend le comorien à l’Alliance Franco-Comorienne.

« E dje ! Ngam wandzo ni hule nfi ! » qui signifie « Bonjour ! Je voudrais acheter du poisson ». Il me répond (en français) qu’il arrive pour me montrer ! Enfin, l’essentiel c’est qu’il a compris ce que je disais.

Il avait un poisson qui ressemblait à une sorte de rascasse. Bref, on conclue l’affaire pour 1.000 francs comoriens, soit 2 euros environ. De retour à la maison, Didi, notre gardien me dit que c’est un bon poisson et que c’est le bon prix ! Après vérification, il s’agit d’un poisson appelé « Vieille Ananas » ou en latin « Cephalopholis sonnerati ». Enfin, je sais ça grâce au Tableau des Poissons Commerciaux du Sud-Ouest de l’Océan Indien que j’avais photographié à Mohéli !

Allez, maintenant direction la cuisine pour prendre les ustensiles, et installation sur la terrasse pour la séance vidage, découpage et écaillage ! C’est à ce moment très précis que le chat rapplique, fait plein de miaous comme pour demander s’il en aura… Oui, sûrement, s’il me laisse continuer tranquille ! Enfin, au fur et à mesure qu’il y a des chutes de poisson, je lui mets de côté…

Une fois le poisson préparé… hop, un peu de beurre, de l’ail, des oignons, de la ciboulette (du jardin), du sel et du poivre puis le tout au frigo avant de l’enfourner pour le déjeuner ! En attendant, vu que le chat me suivait à la trace comme si j’avais le Saint-Graal dans les mains, je lui donne les chutes de poisson… Miaoumiam !

Enfin, il est rapidement 11h ! C’est le moment de préchauffer le four et d’enfourner le poisson quelques minutes plus tard… Pendant que ça cuit, j’en profite pour écrire le blog, tout en retournant le poisson de temps en temps !

"Vieille Ananas" sauce au beurre et à la ciboulette avec son confit d'oignons

Sinon, Didi passe me voir pour savoir s’il peut aller chercher des mangues. Il y a plein de manguiers autour et y’a qu’à se lever pour attraper des mangues. Il m’en rapporte 6 bien mûres qui feront office de dessert ! Bref, poisson frais et mangues fraîches ! C’est pas Bocuse, mais je me suis bien régalé !

Le plat …

… et le dessert !

Bon, ça change de nos messages précédents, mais disons que c’est aussi un peu de notre quotidien que l’on partage comme ça !

Et sinon, ça se passe comment en France ? Donnez-nous des news !!!!🙂

– olivier

Publié par : Olivier | 30 août 2010

Inoubliable Doujou

Ce dimanche 29 août restera certainement un souvenir des plus mémorables… Enfin, je ne devrais certainement pas commencer comme ça, et tenter de vous mettre l’eau à la bouche… mais voilà tout de suite le vif du sujet, nous sommes allés voir les baleines !!!

Enfin, nous sommes allés voir… Disons que nous sommes allés à Chindini, dans le sud de la Grande Comore car on nous avait dit que c’était là que l’on aurait le plus de chances pour en voir. Donc, reveillés de bon matin, Marie appelle celui qu’on nommait entre nous Monsieur Baleine car on ne savait pas vraiment son nom. Une fois l’excursion réservée, hop… la chaîne du téléphone se met en place pour prévenir tout le monde… Géraldine qui appelle Tiphaine qui appelle Emeline qui appelle Flavien… qui n’appelle personne car les autres sont à Anjouan et Mohéli. Bref, tout le monde prépare son paquetage avec son déjeuner et zou… Rendez-vous à la station Bonzami pour partir plein Sud !

Bon, la route, on commence à la connaître🙂 donc pour faire court, on arrive à Chindini et on trouve Maoulida (notre fameux Monsieur Baleine… ou Balaine, vous comprendrez pourquoi). Comme on est aux Comores, le bateau n’était pas encore prêt. Enfin, ce qui peut se comprendre car il fallait qu’il soit sûr que l’on arrive pour louer le bateau. Là, la question qui a fait l’unanimité : « Vous voulez des gilets de sauvetage dans le bateau » … « Ben oui :) ». La France a beau avoir de super nageurs qui gagnent des médailles olympiques, y’en a pour le moment aucun qui est en poste aux Comores.

Enfin bref, le temps que le bateau se prépare, on commence à manger car c’est mieux d’avoir le ventre plein pour prendre la mer. Le temps était au beau fixe au dessus de la mer, grand soleil donc, mis à part quelques nuages en altitude sur les terres, donc rien de méchant. Au contraire, on risque de cramer… donc crème solaire pour tout le monde. Je pense que tout le monde était hyper impatient de partir malgré certaines appréhensions. Là, première palpitation car au loin, on a effectivement vu une baleine sauter en pleine mer… Allez!!! C’est le moment d’y aller. Personne ne sait trop à quoi s’attendre, surtout qu’en montant dans le bateau, on se rend compte qu’il n’y avait finalement pas de gilet de sauvetage… Bon… On part quand même. Il est déjà presque midi…

Dernière photo de l’équipage, pour la reconnaissance en cas de naufrage🙂 et nous voilà partis plein Sud encore.

Maoulida demande à quelques pêcheurs qui sont là s’ils ont vu la baleine. On mets les gaz et le moteur nous pousse dans la direction indiquée. Comme on sortait d’une baie, il n’y avait pas de vague, mais à quelques dizaines de mètres, de grosses vagues viennent litéralement se casser sur la coque du bateau. Histoire de nous rassurer un peu, Maoulida vidait le « surplus » d’eau rentré dans la coque avec une petite bassine en plastique… Bref, tout allait bien🙂

Bon, je ne sais pas si les baleines fuient le bruit du moteur, mais on a du faire au moins 1h de bateau sans rien voir… Ha, si deux tortues qui passaient par là… mais bon, pas de baleine… On demande à d’autres pêcheurs qui nous indiquent exactement la direction opposée de là où nous allions… Donc on fait demi-tour, un peu plus rapidement donc grosso modo après 2 heures de temps, on était revenus à la case départ, sans toucher 20.000 francs et surtout sans avoir vu de baleine… On fait un petit tour au large… rien… de grosses vagues ou des barques de pêcheur au loin que l’on prend pour une baleine, un peu comme un mirage dans le désert. On se résigne à un coup de malchance et on décide de rentrer sur la plage.

Enfin, comme on est dans l’eau, qu’on est au-delà du tombant, qu’on a nos PMT (palmes-maque-tuba) on se dit qu’on va quand même piquer une petite tête en lot de consolation… Le bateau fait un dernier demi-tour et là, devant nos yeux ébahis, au loin, en une petit fraction de seconde, on voit une baleine !!!! Yeeehaaa !!! Cris de joie dans tout le bateau, la baleine nous refait un saut, toujours au loin mais qui nous assure que l’on a pas eu d’hallucinations🙂 Maoulida pousse les gaz au max pour rejoindre la baleine… notre baleine à nous. Le bateau s’approchait de plus en plus… On était facile à 2 km… et là on s’était avancé au maximum tout en prudence… à 20 ou 30 mètres ! Le spectacle était tout simplement magnifique. Dans notre approche, on a en fait remarqué qu’il y avait deux baleines… La maman et son baleineau🙂 Je pense que de la journée malchance on a finalement eu droit à une journée exceptionnelle.

Le vagues étaient vraiment hautes à cet endroit là, mais le spectacle nous enlevait toute appréhension. On a du rester 20 bonnes minutes en companie des baleines, mais le temps est passé à une allure phénoménale. Les cris de joie s’entendaient à chaque vision de la baleine un peu comme les gens s’extasient à chaque explosion d’un feu d’articifice… ou d’autres manières plus personnelles (hein Gé?). Bref, journée magnifique, spectacle magique et journée inoubliable… Les baleines reprennent le large et avant même que l’on se décide à partir, un banc de dauphins vient à notre rencontre… Une dizaine de dauphins qui passent devant et sous le bateau tout en faisant des sauts dans l’eau. Là, on était tout entre l’étonnement et l’extase de ce que l’on voyait (là, je vais manquer de superlatifs si y’a d’autres animaux qui se pointent🙂 ! Enfin, voilà, les dauphins n’ont presque fait que passer dans le sillage de la baleine…

Quant à la « Balaine », elle s’en retourne à la plage, nous, des images plein la tête… Tortues, baleines, dauphins… Je vous laisse les photos que j’ai prises depuis le bateau, mais vous ? quand est-ce que vous nous rejoignez voir tout ça par vous même !!! Karibu🙂

– Olivier

Publié par : Marie | 27 juillet 2010

Comores… etc…

Bonjour tout le monde !

Avant de commencer voici quelques photos de nos 2 dernières expéditions sur l’île. La première à Iconi, vieille cité d’un sultanat appelé Bambao. Iconi au patrimoine culturel riche mais qui disparait progressivement faute d’entretien. Les anciennes habitations aux plafonds de boiseries sculptées, aux portes ciselées sont détruites pour agrandir des routes, construire des maisons plus modernes sans la moindre notion de la valeur qu’elles ont. Les quelques jeunes qui tentent ici de préserver le patrimoine historique comorien passent pour des fous, au mieux des originaux, et dans un pays où le pouvoir est aux mains des notables du village mieux vaut ne pas aller à l’encontre de leur bon vouloir…mais ceci est une longue et passionnante histoire…pour une autre fois !

L’expédition de dimanche dernier était sur les hauteurs d’Ourovéni au sud de l’île. Belle ballade, un peu à tâtons puisque les chemins sont très souvent incertains, voir inexistants.

Passons au boulot… de bonnes nouvelles cette semaine puisque l’eau courante et arrivée à la maternité. La nouvelle direction de l’hôpital, en place depuis un peu plus de 15 jours, c’est montrée très sensible et réceptive au problème de l’eau. Ces dernières semaines ont été particulièrement pénibles puisque la Ma-mwe, entreprise qui distribue l’eau de ville, a souffert d’une panne sur l’un de ses moteurs, privant d’eau une grande partie de Moroni. A la maternité, il fallait faire acheter des bouteilles d’eau minérale aux patientes pour assurer le minimum. Le linge de bloc opératoire ne pouvait plus être lavé, ni les instruments stérilisés. Les patientes devant subir une césarienne étaient envoyées dans un hôpital à une heure de route de Moroni, parfois dans des situations d’urgence extrême.

La participation de l’hôpital à l’achat d’un petit château d’eau et sa mise à disposition d’une électropompe, a donc permis de venir à bout d’une situation intenable. Chabani et moi avons pour notre part démarché plusieurs bailleurs privés comoriens pour financer la tuyauterie. Les entreprises ont toutes acceptées de participer au financement. Il n’y a pas une personne en Grande Comores qui n’a un jour ou l’autre, souffert de l’hygiène déplorable d’El-Maarouf, et je crois qu’ils sont heureux de pouvoir participer à l’amélioration de la prise en charge. On espère que les dons seront suffisants pour élargir les travaux notamment au niveau du système électrique défectueux et dangereux.

Cependant l’arrivée de l’eau ne s’est pas fait sans heurts, elle a déclenché des tensions, et rancunes cachées avec pour conséquence le sabotage du tuyau d’arrivée d’eau moins de 24 heures après sa mise en service. J’essaie de comprendre pourquoi, mais me heurte systématiquement à des hochements de têtes résignés, le tuyau a été très rapidement réparé par les hommes de la maintenance nullement surpris par ce genre d’incident. L’autre problème auquel il va falloir faire face est que cette eau représente une manne financière intéressante pour une partie du personnel de la maternité, et a déjà commencée à être vendue aussi bien aux patientes qu’aux autres services…

Bref du boulot en perspective… mon travail à la maternité est un peu mis en veille en juillet août pour cause de grands mariages en juillet (et donc absence d’une part importante du personnel) et Ramadan en août. Ca me laisse encore un bon mois pour poser les jalons de ce que nous allons entreprendre cette année.

Sinon pour le carnet rose :

–          Naïm, le neveu de ma copine Jeannette, est né il y 5 jours par césarienne après des péripéties qui me provoquent encore maintenant des bouffées d’angoisse. Sa maman qui va bien est l’exemple parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on allaite, ce qui au regard du temps passé à la dispense de conseils, me frustre légèrement. Mais au moins je comprends un peu mieux pourquoi l’allaitement exclusif est tellement faible aux Comores.

–          La hantise des rats à la maison nous a poussé à prendre un petit chat (trouvé dans une poubelle de l’hôpital et passé au KarcherJ)  Il fait preuve d’un amour inconditionnel pour Olivier… qui ne s’en plaint pas !

Voilà, je vous laisse, nous partons faire un tour du côté de la plage d’Itsandra où les habitants se mobilisent aujourd’hui pour nettoyer la ville et la plage !

Nous travaillions avec beaucoup de sérieux, à un raccourcissement des délais entre les messages du bloc…promis !

Bises à tous

Marie

Publié par : Olivier | 25 juin 2010

Le Grand Karthala

Oui, j’avoue tout ! C’est moi qui ai tardé pour écrire une nouvelle page du blog, mais disons que depuis un mois, on a été pas mal occupés. C’est vrai que nos semaines sont assez chargées, mais nos week-end le sont également ! Donc difficile de vous faire partager nos découvertes !

Que s’est-il passé depuis un mois ? Plein de choses, mais je vais m’attarder sur une de nos dernières expéditions : l’ascension du volcan Karthala ! Et ouvrez grand vos mirettes, les photos valent le détour et ne reflètent que le dixième de la réalité.

Enfin, avant cela, on a quand même fait pas mal de choses… Déjà, on a fêté très simplement l’anniversaire de Marie en se faisant un resto sur Moroni et le week-end suivant (c’était l’objet du cadeau), on est partis à Mayotte pour voir la famille… Anne et Clément, et aussi Mathilde ! Au programme, bivouac sur un des îlots Maorais où on a eu la chance de voir des tortue, une gigantesque raie et plein d’autres poissons. Bref, un week-end bien chargé, surtout qu’une fois rentrés aux Comores, on a enchaîné avec le boulot.

Là, encore une fois, week-end chargé, mais moins drôle car on déménage à Voidjou (un peu au nord de Moroni) dans une très jolie maison en bord de mer… vue paradisiaque sur l’ouessant ! C’est la maison que l’on devait reprendre définitivement, mais le propriétaire voulais l’occuper pour les mois de juillet-août, donc on y sera que durant 15 jours. A ce propos, merci à Gaëtan et Laëtitia, car c’est grâce à eux qu’on a pu occuper cette maison alors que va bientôt nous rejoindre la famille !!!

Donc, on prend nos marques dans notre nouvelle maison. Cela nous change du petit 2 pièces d’avant, car la maison est vraiment plus grande avec une large terrasse qui domine l’océan indien. En plus, Arbitre (le gardien) et Halima (qui s’occupe de la maison) rendent notre séjour encore plus agréable. D’ailleurs, Halima nous prépare souvent des petits plats… et là elle avait en plus fait des crêpes maison ! Sans exagérer, ses crêpes étaient largement meilleures que bon nombre de crêperie françaises !

Voilà… les jours passent vite (ah, oui, il faut que j’écrive sur le blog, me dis-je… et puis la journée est déjà terminée). Là, c’est déjà le jour où la famille vient nous rejoindre aux Comores ! On loue un 4×4 pour l’occasion, car on sera 7 en tout et cela permet de se déplacer tous ensemble ! Le programme était assez intense…

On a commencé doucement, avec un concert de Maalesh (un artiste comorien très connu) et de Florence qui l’accompagnait au violoncelle… C’était vraiment un beau mélange des genres et le concert a ravi toute la salle qui était pleine à craquer ! Mais nous sommes partis nous coucher tôt car le lendemain… lever à 4h30 du matin pour :

L’ascension du Karthala !!!

Le réveil était difficile, mais Marie et Chantal (qui restaient à Moroni) nous ont accompagné de bon matin… On part pour Mvouni à 5h du mat’ (enfin on était un peu en retard) pour rejoindre les guides qui nous attendaient là bas.

Tous les 5 (Daniel, Claire, Anne, Clément et moi) on part pour une loooongue randonnée pour atteindre les hauteurs de la Grande Comores ! Nos guides étaient trois : Moussa, qui a grimpé le Karthala pour la première fois en 1977, et Saïd & Saïd qui portaient l’équipement et la nourriture. 6h sonnent déjà alors que l’on est déjà en route sur le sentier. Pour cette première partie, pas beaucoup de photos, mais lors des premières pauses, on en profite pour sortir les appareils…

Moussa (notre guide) et Daniel

En expédition pour le sommet

On avait de la chance, la météo était avec nous… ciel légèrement nuageux pour ne pas avoir trop chaud… et pas de pluie prévue. On monte donc tous les 8 à un pas bien cadencé, en ne sachant pas trop comment ménager nos efforts car on ne savait pas trop bien quelle était la distance à parcourir. On demandait parfois combien de temps il restait, mais on a pas tout de suite compris que la notion du temps chez les comoriens était radicalement différente de la notre et que le « il reste 20 minutes » pouvait facilement dire 40 minutes, voire plus d’une heure…

Après avoir passé la barre nuageuse

Bref, quand on monte au Karthala, c’est en fait très vallonné… une fois qu’on a passé un le vallon, on se dit qu’on va voir le sommet derrière, mais en fait non ! et ça a du nous faire ça pas mal de fois qu’on ne les a même plus comptées… mais bon de toutes les façons, il reste « environ 20 minutes » pour arriver au sommet !

Ce passage était assez curieux, car on était à hauteur des nuages, que l’on a littéralement traversé. Juste au dessus de la couche nuageuse, on arrive au niveau de l’abri où l’on dormira ce soir… On y laisse donc les gros sacs pour ne partir qu’avec le nécessaire, de l’eau et une polaire car là-haut, il fait froid… très froid !!!

Les rares animaux en altitude

La végétation se raréfie aussi

Bon, on a déjà du faire au moins 7h de marche, en comptant les pauses, pour arriver au point des 2000 mètres. C’est là que finalement, on se pose pour le déjeuner. Sur le chemin, on avait déjà pas mal entamé les paquets de gâteau, les fruits secs, les oranges et les bouteilles d’eau, mais on avait trop faim et le déjeuner est descendu aussi sec ! Sandwich à la sardine et à la tomate… à laquelle on a même rajouté de la confiture d’orange… si, si, essayez c’est super bon… ou alors, c’est qu’on était réellement affamés. Et pour citer Claire qui résume parfaitement la situation : « J’ai jamais autant kiffé la sardine ! »

Kiffe ta sardine

Bon, sinon une fois rassasiés, on repart de plus belle pour les prochaines « 20 minutes » de marche et, quarantes minutes plus tard, on atteint fièrement le plateau au sommet du Karthala. Sur le chemin, on voit nettement que la végétation change. D’une flore luxuriant en dessous le manteau nuageux, on est passé à une végétation plus rare et souvent déssechée. Cela s’est d’ailleurs amplifié jusqu’au sommet car le paysage en est presque devenu lunaire !

Zitoune sur la lune

Sur le plateau du Karthala ...

Là-haut, le vent soufflait très fort et était aussi très froid. Pas loin de 5°C, je pense, car on voyait de la condensation lorsque l’on expirait. Cela dit, le paysage était impressionnant. On était au bord du gouffre et bien que le volcan n’était pas en activité, on pouvait voir quelques nuages de fumée sortir du fond. Mais bon… pas de lave rougeoyante pour autant ! Il faut savoir que le Karthala possède la plus grande caldeira au monde, le plateau de 3km sur 4km qui domine le gouffre d’une profondeur de 300 mètres. Cela vaut bien une photo pour immortaliser la bouteille d’eau…

... et l eau plate du Karthala

Sinon, après plein de photos sous tous les angles, on redescend car il commençait à faire froid, et on ne voulais pas non plus rentrer trop tard car la nuit tombe à 18h en ce moment.

Vers le cratère

Un dénivelé de 300m

Le cratère

La famille au top !

Les anciennes coulées de lave

Un petit pas pour Zitoune...

On fait donc le chemin inverse, un peu hagards de cette journée extraodinaire mais fatiguante et nos derniers pas étaient un peu mécaniques, sans trop réfléchir. On rejoint le campement de base, où un des guides était resté pour monter les tentes.

On croirait une vue d avion

Retour au camp de base

Là, on admire le paysage du soleil couchant, alors que nous étions encore au dessus des nuages. C’était vraiment magnifique. On nous appelle pour dîner autour du feu, dans l’abri. Cela tombe bien, car on commençait à avoir faim… Le manioc et les patates douces cuisaient déjà dans le feu et les mabawa (ailes de poulet) et les brochettes étaient aussi en train de griller. A l’extérieur, la lune, presque nouvelle, et le ciel sans nuage promettait un extraordinaire spectable d’étoiles.

Le ciel

Le ciel, encore

Le ciel, et encore

Chacun rentrait dans sa tente pour se reposer d’une journée harassante alors que l’on apercevait Hahaya au loin.

A table

Au coin du feu

Il brûle bien ce bois, hein Claire ?

La nouvelle lune

Hahaya de nuit

La nuit étoilée

De bon matin, le paysage était tout aussi éblouissant… et s’étendait à perte de vue. On semblait dominer toute l’île de Ngazidja. Une fois le petit-déjeuner englouti, on repartait pour rejoindre Mvouni, notre point de départ. On arrive dans la forêt, toujours étonnés par la flore qui y pousse, on se demande comment, à même la pierre volcanique. On aperçoit Moroni que l’on rejoindra quelques heures plus tard.

Le réveil du campement

Standing on the top of the world

Contraste

Retour à la nature luxuriante

Moroni vue d en haut

Un caféier

Arrivés à la maison de Voidjou, on raconte notre périple à Chantal et Marie, mais le reste de la journée fût assez calme. De toutes les façons, on avait comme consigne de ne pas sortir de chez soit du fait des récents évènements à Moroni. On se reposa donc jusqu’au soir où l’on a observé le même coucher de soleil mais sous un angle assez différent de la veille.

Coucher de soleil vu de la maison

Un conseil si vous venez en Grande Comores, mettez une polaire dans votre sac même si cela prend de la place car l’ascension du Karthala est à ne manquer sous aucun pretexte. Alors, vous venez quand ?🙂

– Olivier

Publié par : Marie | 10 mai 2010

Journée internationale de la sage-femme

Dimanche matin, 7h.

Il règne déjà dehors un boucan pas possible qui m’a tiré du lit. Mais 7 heures c’est pas mal du tout, ça veut dire que ni le muezzin vers 4h30, ni les coqs, ni les ouvriers travaillant en face, n’ont eu raison de ma fatigue. Reste l’arrivée du camion citerne, approvisionnant le quartier en eau, là il m’a fallut me faire une raison.
Zitoune est partie à la boulangerie chercher une brioche, et oui c’est dimanche où qu’on soit, et puis ici ils se débrouillent pas mal du tout ici en brioche, pour ce qui est du pain c’est autre chose.
La semaine a été bien remplie, et physiquement éprouvante, j’ai des courbatures jusque dans la plante des pieds.
Le 5 mai, c’était la journée internationale de la sage-femme, avec pour slogan « le monde a besoin de sage-femme aujourd’hui plus que jamais » et « ensemble réduisons la mortalité et morbidité maternelle et infantile ».

Au programme lundi, une conférence-débat à l’hôpital, au cours de laquelle les patients étaient invités à poser des questions aux sages-femmes, faire part de leur avis sur la maternité, la prise en charge, la qualité des soins. L’occasion pour les sages-femmes de faire passer certains messages comme la nécessité de venir accoucher à l’hôpital, de faire suivre sa grossesse, mais aussi de se montrer réceptives et à l’écoute des patients. C’était courageux, car les gens sont assez critiques vis-à-vis du monde hospitalier, notamment concernant l’accueil peu agréable qui leur est réservé en maternité et le manque d’hygiène. Beaucoup sont intervenus pour dire que le suivi de grossesse et l’accouchement à l’hôpital restaient trop chers pour eux et qu’ils ne venaient qu’en dernier recours, si vraiment il n’y avait pas d’autres choix.
Mercredi, le 5 mai, l’association des sages-femmes comoriennes avait organisé un grand meeting au palais du peuple, avec danses et chants traditionnels, discours du Ministre de la Santé, des représentants de l’OMS, de l’Ambassade, de l’Hôpital… Pour l’occasion, chaque sage-femme s’était confectionné un habit dans le tissu officiel de la journée, elles étaient toutes sur leur 31 !

Le lendemain après-midi, un match de foot opposait les sages-femmes à une association de femmes d’un village proche de Moroni. Elles étaient toutes là, les jeunes comme les vieillies, ayant troqué pour une fois leurs jupes et chiromanis, contre pantalons et baskets, un maillot d’Arsenal sur le dos. Musique, sono, commentateur, arbitres, coach tout le monde était là, sans compter les curieux qui se sont rapidement massés autour du terrain de foot. 90 minutes à courir sous le cagnard (et attention les villageoises elles étaient pas là pour rigoler !), j’ai cru que j’allais y rester :) D’autant plus que la moitié du terrain était en plein soleil et que comme par hasard j’ai été nommé attaquante pendant la première mi-temps et en défense pendant la 2ème mi temps, bref toujours à la meilleure place pour choper une insolation ! En tout cas mes jambes s’en souviennent encore.
(Ah oui on a perdu le match faut quand même le dire, mais on s’est vraiment bien marré !)

Le soir même, il y avait le concert de Sandra N’kaké à l’alliance, une camerounaise, à la voix impressionnante, accompagné de musiciens tout aussi impressionnants… bref une bonne soirée aux rythme de l’Afrique !

Vendredi soir, j’ai fais ma 2ème garde de nuit en salle d’accouchement. Et oui que la deuxième parce que la première ne c’était pas très bien passée. Les sages-femmes avaient profité de ma présence pour pioncer toute la nuit et je m’étais retrouvée quasiment seule à tout gérer. J’étais partie assez en colère en jurant que c’était la première et la dernière🙂
Les gardes ici ont lieu de 16h à 8h le matin, mais c’est assez approximatif, car personne n’arrive jamais à l’heure. A ces 16 heures de gardes se rajoutent une ou 2 heures de staff, le matin. Les sages-femmes, par équipe de 3 ou 4, travaillent jusqu’à 48 heures par semaine. Il y a ici entre 6 et 15 naissances par 24h, auxquelles il faut rajouter toutes les urgences obstétricales ou gynécologiques qui transitent par la salle de naissance.
Pour beaucoup de sages-femmes, il faut ajouter à ce travail, la gestion de leur clientèle privée, c’est-à-dire des femmes qui paient pour être suivie pendant la grossesse et l’accouchement. Elles les accompagnent pendant le travail, même si elles ne sont pas de gardes.
Elles sont donc en permanence fatiguée et on a facilement tendance à déléguer la gestion de la salle de naissance aux étudiantes.
J’avais été frappée pendant la première garde par le laxisme, les négligences, les oublis, les erreurs marquantes. La saleté était telle que j’ai commencée par prendre un chiffon et nettoyer ce que je pouvais, j’ai dû arrêter rapidement d’abord parce que l’eau commençait à manquer et aussi parce que l’odeur à chaque matelas que je soulevais, me retournais l’estomac.
Crise d’éclampsie, hémorragie de la délivrance, choc septique, toutes les complications s’étaient accumulées, sans aucun répit, dans des conditions de prise en charge plus que limites. J’avais senti mon seuil de résistance diminuer petit à petit et il a fallut que je rassemble tout mon courage pour aller jusqu’au bout, présenter mes dossiers au staff le lendemain matin et rentrer chez moi à bout de nerf. J’ai eu besoin de plusieurs jours pour m’en remettre, l’impression amère qu’il n’y avait rien à tirer de ce lieu sordide, que la meilleure chose qu’il pouvait arriver à la maternité étant un séisme rasant tout sur son passage et obligeant à repartir à zéro.
En l’absence de séisme (j’espère toujours une éruption du Karthala), il a bien fallut commencer par quelque chose.
Dès ma première semaine ici, je me suis renseignée sur les moyens de mettre l’eau courante à la maternité. Ce n’est en fait pas très compliqué puisque l’hôpital dispose d’énormes citerne d’eau et qu’il ne manque qu’une pompe pour acheminer cette eau vers nos locaux. Reste que depuis un mois j’attends le devis du service de maintenance et qu’il n’est toujours pas prêt. Je passe donc une heure par jour à courir derrière le responsable de la maintenance, que je compte bien avoir à l’usure. Malheureusement il pense encore que je vais finir par lâcher le morceau, et passe plus de temps à me fuir, qu’il n’en faudrait pour rédiger ledit devis….
Bref, après 2 semaines sans gardes, et face à l’insistance de mes collègues, j’ai pris mon courage à 2 mains et y suis retourné avec une autre équipe de sages-femmes. Toujours autant de merdes à gérer, mais ça c’est beaucoup mieux passé, parce qu’on a travaillé toutes ensemble (et puis parce que Zitoune a fait livreur de pizza… ;))
Reste que c’est quand même épuisant.

Mais aujourd’hui c’est dimanche, et j’essaie de sortir la maternité de ma tête. Après le petit dej, nous allons fuir le bruit , les odeurs de gasoil et de plastique brûlé, pour rejoindre la plage d’Itssandra, à quelques km de Moroni, piquer une tête au milieu des poissons, boire un jus de fruit frais, regarder les gamins jouer au foot et se rappeler que malgré tout, on ne voudrait pour rien au monde, être ailleurs qu’ici !

Je vous embrasse fort !

Marie

Publié par : Olivier | 4 mai 2010

On vous voit quand aux Comores ?

Alors, nous y voilà! Après quelques jours d’absence sur le blog, voilà quelques nouvelles tant attendues pour vous dire que tout va bien pour Marie et moi. Bon, effectivement, le travail est très présent, mais je comptais plus aborder nos dernier week-end… Disons que ça vous donnera, nous l’espérons, envie de découvrir tout cela par vous même, surtout pour celles et ceux qui sont à 1h d’avion d’ici (sans ne nommer personne)🙂

Samedi 17/04

Samedi, sortie culturelle ! Hé oui, à l’AFC (Alliance Franco-Comorienne), est organisé un double concert : une chanteuse camerounaise et un chanteur zwazilandais ! Bon, forcément, on ne connaissait pas, mais les deux ambiances, l’une très entraînante dans les rythmes et l’autre plus douce dans un style un peu soul.

C’était vraiment sympa et le public avait répondu fortement présent, tant les comoriens que les mouzoungous (c’est à dire les blancs). En plus, c’était à deux pas de chez nous… et le tarif d’entrée était de 1500 francs, soit 3 euros ! Bref, c’était une bonne soirée !

En fait, c’était une de nos première soirée et c’est vrai que l’on ne connaissait pas grand monde, mais on y croise Emeline, qui travaille à l’AFD depuis pas mal de temps et qui connaît déjà un peu toute la communauté. En fait, à l’AFC on y croise pratiquement toujours quelqu’un que l’on connait.

Dimanche 18/04

Donc, il y a deux semaines, le 18/04, un marathon et un semi-marathon étaient organisés en Grande Comore, avec Moroni comme point d’arrivée. Pour rappel, un marathon c’est près de 42km mais là, bien que le départ était prévu aux environs de 6h du mat’, lors de l’arrivée des premiers athlètes, il faisait déjà plus de 35°C !!!

En fait, on était parti de chez nous (à environ 3km de l’arrivée) et rien qu’en marchant sous le soleil de plomb, on était déjà pas mal fatigués. En plus, il faisait particulièrement chaud ce jour là. Sur le chemin, pas mal de monde encourageait les coureurs, et bien qu’on ne les connaissaient pas, on savait lorsque les marathoniens comoriens passaient car la foule était particulièrement expressive.

Bref, on remonte (à notre allure) le cours du marathon, et la police qui encadrait, nous demandait de nous rabattre sur le trottoir pour ne pas gêner les coureurs… cela nous a permis également de prendre quelques photos, donc la superbe banderolle « Allez! C’est pas le moment de lâcher »

Toujours sur le chemin, on se rend compte que Moroni est une petite ville, où l’on croise toujours quelqu’un que l’on connaît… Aujourd’hui, on croise Tony, qui travaille au Ministère de l’Education. Mais en même temps, il y a tellement de monde que l’on pense que pratiquement personne n’est resté chez soi.

On continue notre remontée pour arriver en bordure de mer, enfin, plus exactement en longeant le port, mais qui offre une vue sur l’océan. Cela doit être plus agréable pour les coureurs, à la fois pour la vue et surtout pour la légère brise qui vient de la mer. Les coureurs (et nous) passons sous les regards amusés de quelques comoriens assis sur le rebord d’une terrasse. Je pense qu’ils n’envient pas la place des marathoniens, quoiqu’ils sont tout près du but !

Enfin, on rejoint justement l’arrivée, mais c’est complètement bondé et tout le monde semble déjà faire la fête. En fait, on ne va pas rester trop longtemps car au niveau l’arrivée, impossible de passer… sauf ceux qui ont un dossard🙂 On en profite pour boire un peu avant de retourner à la maison, exténués d’avoir simplement vu le marathon ! Enfin, on verra dans la presse que c’est un kenyan qui a remporté la course, mais le premier comorien reste bien placé !

Sinon, le week-end se termine assez tranquillement, pas de plage cette fois-ci, mais c’est prévu pour le week-end suivant…

Vendredi 23/04

Nous voilà donc déjà la semaine suivante, mais avant ce dimanche, on a passé notre vendredi soir à Itsandra, une plage proche de Moroni (à quelques minutes en taxi) et où pas mal de gens se retrouvent lorsque commence le week-end.

Emeline nous avait proposé de venir car cela permet de voir pas mal de personnes. En plus, comme on cherche une maison qui est un peu plus grande et plus aménagée, on avait appris qu’un couple de français allait bientôt quitter la leur pour revenir définitivement en France.

On découvre donc la plage d’Itsandra sous le soleil couchant, avec le restaurant de plage qui borde pratiquement la mer lorsque c’est marée haute. On dîne sur place en entamant déjà notre week-end.

Dimanche 25/04

Voilà; c’est le départ pour Mitsamiouli, une plage, et oui, encore🙂 mais on ne s’en lasse pas. Donc, Mitsamiouli est une plage au nord de la Grande Comore. L’accès par la route est simple car c’est toujours tout droit, mais il faut quand même chercher à éviter les nombreux trous de la route cabossée et pour ainsi dire jamais entretenue.

On part avec Chabane et avec Clairvoyance, qui avait prévu pas mal de choses à manger. Sur la route qui longe la côte, on s’arrête quelques minutes car l’endroit est connu du fait que les dauphins viennent souvent y nager… un endroit à retenir donc, pour un futur périple!

Sinon, toujours sur la route, on bifurque pour aller voir un endroit qui est aménagé pour les touristes fortunés… C’est un endroit tout boisé qui semble réalisé avec beaucoup de rafinement, tout en matière assez précieuse. Les personnes en charge du lieu nous font visiter et on tombe littéralement sous le charme… la chambre avec vue sur la mer… le canapé en cuir dans un salon décoré avec goût… On se croirait dans un décor d’Agatha Christie et qu’Hercule Poirot va descendre de ses quartiers par l’escalier en bois de palissandre…

Enfin, on repart et on arrive à destination. Le lieu s’appelle le trou du prophète car c’est une sorte de lagune toute ronde, entièrement entourée de verdure et qui est parfaitement calme. La mer, les arbre, la rive où les chaloupes dorment avant de partir au loin.

Le plus surprenant, c’est la maison abandonnée qui domine l’ensemble, surtout quand on sait que c’est la maison de Bob Denard !!! Oui, oui, le mercenaire qui a réalisé les coups d’Etat. On s’y est installés pour la journée, enfin surtout pour faire le feu pour cuire le maïs et le poulet !

On profite doucement du cadre, de la mer, du Zodiac que Clair avait mis sur le toit de sa voiture et la journée passe alors que l’on alterne entre l’eau et le bateau. Les chèvres viennent terminer les feuilles des épis de maïs laissés là et le soleil qui rejoint l’horizon donne au ciel des couleurs absolument magnifiques.

La journée est presque terminée et l’on retourne doucement jusqu’à Moroni.

Bon, j’espère que tout cela vous a donné envie de venir découvrir tout cela de vos propres yeux et pas uniquement en photos ! Surtout que la maison que nous avons visité est vraiment extraordinaire, mais elle ne sera libre qu’à partir de la mi-juin. Mais pour vous mettre l’eau à la bouche, sachez qu’elle est un peu en retrait de la ville… donc au calme et que la terrase et le jardin ont un accès direct à la mer… On aura aussi normalement la place pour la chambre d’amis… donc l’invitation est lancée🙂

Sinon, n’hésitez pas à nous poster quelques commentaires, c’est bien que le blog vive aussi grâce à vous et ça nous motive encore plus pour y laisser des prochains messages !

Lala Unono!

– Olivier & Marie

Publié par : Marie | 23 avril 2010

Gawé mnono la France? :)

Après une première semaine de travail bien chargée, je prends enfin 5 minutes pour me poser et vous donner quelques nouvelles.
 
J’ai donc commencé mon travail à El-Maarouf, lundi passé… et pour tout dire je redescends à peine de l’état hallucinatoire dans lequel je me suis trouvée, à la vue de ce qui est ici, la maternité nationale de référence. Serait-ce bien raisonnable de la décrire ? Je pensais être préparée à cette découverte, notamment par les stages au Sénégal et au Tchad que j’avais fais pendant mes études, mais ce que j’y ai vu dépasse l’entendement. Oserai-je avouer aussi que l’idée de prendre mes jambes à mon cou, m’a traversé l’esprit, l’espace de quelques secondes…

Je crois que je prendrai le temps de décrire les locaux une autre fois quand mon sentiment de révolte, et de colère face aux conditions d’accouchement  de + de 3000 femmes comoriennes/an, se sera un peu tarit. J’espère avoir l’énergie et  le courage de ne pas me résigner face à cette réalité, mais je suis là pour longtemps et il va falloir « faire avec », cohabiter avec la saleté, la désorganisation, la promiscuité, la résignation du personnel…

La première rencontre avec le personnel de la maternité  s’est très bien passée.  Solange, la sage-femme qui m’a précédée avait parlé de moi dès qu’elle a su qu’il y aurait une relève. Tout le monde savait que « Marie » arrivait pour au moins un an à la maternité (… sauf la Direction bien sûr :))

Ma première journée a commencé par la réunion médicale quotidienne (ou staff pour les initiés), avec les sages-femmes et le gynécologue. Depuis quelques semaines, grâce à l’acharnement des sages-femmes de l’ADSF et de Chabani, un dossier médical a vu le jour et permet de suivre l’évolution du travail et de l’accouchement de chaque patiente.

Le staff mis en place par le nouveau gynécologue de la maternité est l’occasion de présenter les dossiers des dernières 24h et de discuter d’éventuels problèmes dans les prises en charge de ces femmes. C’est peut-être difficile à comprendre pour tout le monde, mais ce staff quotidien et ces dossiers sont  un  énorme bond un avant, en ce qui concerne la prise en charge obstétricale.

Le staff m’a permis de découvrir Dr. Chakour, le gynécologue qui a  repris en main le service il y a 6 mois et qui se bat comme un diable pour essayer de faire changer et évoluer les pratiques en maternité. Chabani me l’avait présenté comme quelqu’un de  » bien ». (Chabani utilise une classification toute personnelle quand il parle de quelqu’un : il est soit très bien, soit bien +, soit bien, soit pas mal, soit… il se passe de commentaire). Alors selon lui, Dr. Chakour n’était que « bien » à cause d’une  tendance à s’emporter rapidement.

… et bien, ce n’était pas peu dire ! Mon premier jour a été l’occasion de découvrir les colères légendaires de Dr. Chakour qui  se déclenchent généralement à l’encontre des étudiantes sages-femmes, mais aussi chaque fois qu’un dossier est mal rempli. En dehors de ça, il apporte beaucoup ici en termes de connaissance, chaque staff est l’occasion de rappels d’obstétrique ou de rappel sur les conduites à tenir en salle de naissances. Donc, malgré les colères + une tendance marquée à la misogynie + quelques erreurs assez notables dans ses cours, je le classe comme Chabani dans les « bien + ». El-Maarouf a besoin de quelqu’un comme lui !

Après le staff, j’ai commencé  mon travail en secteur Hospitalisation. Indata, la major principale (ou cadre supérieure) m’avait préparé une petite table dans son bureau, ça m’a vraiment fait plaisir que cette petite « place » me soit faite au sein de l’équipe !

Concernant mon travail à El-Maarouf, j’en suis encore à prendre mes marques. J’essaie de savoir où je pourrais être utile, par quel bout prendre le problème. Dr. Chakour souhaiterait que je m’occupe des hospitalisations, c’est-à-dire du service qui accueil aussi bien les femmes qui ont accouché, que les grossesses présentant une pathologie.
Il règne dans cette aile de la maternité, une anarchie totale. Les patientes sont suivies par un médecin chinois qui parle très peu le français et qui fait ces prescriptions en chinois sur le dossier des malades. Les chambres communes de 4 à 7 lits accueillent tout aussi bien la maman qui vient d’accoucher que sa voisine hospitalisée pour fièvre typhoïde.

L’ADSF a contribué il y a quelques mois,  à l’ouverture d’un service de suites de couches afin d’assurer une surveillance minimale de 24h pour toutes les accouchées, or malheureusement, ce service est « colonisé » par les mamans dont les enfants se trouvent en service de pédiatrie. Cela a pour conséquence le fait que les femmes qui ont accouché continuent de rentrer chez elles quelques heures après l’accouchement et ne bénéficient d’aucune surveillance.

Je ne vous parle même pas des conditions d’hygiène qui y règnent : pas d’eau courante, très peu de javel, très peu d’alcool, pas de ménage. Les constantes ne sont pas prises faute de tensiomètre et de thermomètre ! Les conditions de travail du personnel sont vraiment très difficiles ici. Une sage-femme comorienne perçoit comme salaire net 160  €/mois, et les salaires n’ont pas été versés depuis août 2009… Elles ne peuvent vivre décemment, elles « survivent » comme me disais Solange au téléphone avant de partir.

Il est évident que cela a de forte répercussion sur leur motivation et leur découragement, leur lassitude est palpable. Comment demander à une sage-femme de s’impliquer correctement dans son travail quand elle vient bénévolement depuis des mois et n’a pas de quoi assurer un revenu acceptable à sa famille ? Même si nos indemnités de volontaires restent modestes, on trouve ça tout à coup un peu facile de venir leur dire comment travailler, de venir leur parler de rigueur et d’organisation dans le travail, de ponctualité.  Elles, elles sont là malgré tout, malgré les enfants à gérer, malgré les 3 heures de trajets quotidiens en taxi-brousses, malgré les crises de paludisme à répétitions et autres saleté, malgré un accouchement il y a moins de 2 mois… et c’est vraiment une leçon de vie.

Parallèlement à ça, j’ai commencé les cours à l’école de santé mais je crois que j’ai assez parlé du boulot pour aujourd’hui, plein de chose restent à dire, ce sera pour les prochaines fois !

Pour le reste, tout va super bien ! On se plaît vraiment bien ici tous les 2. Le week-end dernier nous avons assisté au 2ème marathon des Comores (Olivier vous racontera et vous mettra quelques photos) ainsi qu’à un super concert « swazilando-camerounais » !

Ce week-end sera plage, cette fois ci au nord de l’île !

La chaleur reste forte, mais va commencer à diminuer dans les semaines à venir, l’ « hiver » approche🙂 On se porte à merveille (pas même l’ombre d’une petite tourista🙂 !)

On vous embrasse tous très fort… Au plaisir d’avoir de vos nouvelles via les commentaires du blog…
 
Marie

Publié par : Olivier | 13 avril 2010

Premier week-end en Grande Comore

Voilà, la semaine est terminée et notre premier week-end est là. Chabani nous avait proposé de passer le dimanche à la plage de Chomoni à l’est de l’île.

Mais avant cela, on prend un peu de temps pour vous présenter notre maison. Comme le disait Marie, elle est assez rudimentaire, bien qu’assez acceuillante et dans une résidence où vivent également les propriétaires.

On est par contre entourés d’autres maisons qui sont bâties avec de la tôle ondulée pour la plupart et on sent que le quartier est vraiment très pauvre. Cependant, les gens, que ce soient les enfants ou les adultes sont très chaleureux et nous saluent à chaque passage. Il y a quand même un petit magasin, un cyber (mais a priori, l’accès Internet y est excessivement lent), et plus haut, le garage qui nous sert de repère pour indiquer au taxi où nous allons quand on rentre à la maison. Tous les taxis connaissent ce garage, à croire qu’ils viennent faire réparer leurs voitures ici. Enfin, certainens voitures ne repartent pas car il y a quelques « carcasses » laissées à l’abandon qui donnent encore plus l’impression de bidonville ! Et pour couronner le tout, un joli tag « Favela City of Gang » décore le côté d’un container à l’entrée de la rue.

Mais c’est notre quartier et il n’y a aucun problème ici. Sur le chemin pour redescendre à la route principale, il y a toujours des poules, des coqs que l’on entend de très très bon matin, et de chèvres qui se baladent.

Samedi, la journée était plutôt calme, Marie a du passer à l’hôpital pour des formalités et je l’ai rejoint vers midi pour déjeuner. On s’est baladés à pied aux abords de la vieille ville, sans y rentrer, et on a continué jusqu’à la grande Mosquée du vendredi pour revenir en longeant le bord de mer. La chaleur restait accablante surtout en cette mi-journée où il n’avait pas encore plu.

Le matin, j’étais passé au Volo Volo, c’est le grand marché de Moroni où j’ai pu acheter de quoi faire une salade de légumes. On y retrouve du chou, des tomates, des carottes, des oignons, et de la noix de muscade ! Bref, de bons ingrédients, mais on a pas encore osé le poisson car les étals de poisson ne nous semblaient pas très avenants. On ne sait pas trop depuis quand les poissons trônes au soleil, mais les mouches en font déjà un festin… donc nous, on verra plus tard et surtout vers quelle heure les poissons frais arrivent !

Enfin, notre samedi aura été calme car la semaine est passée à une allure folle… et demain, Chabani se transforme en guide pour nous conduire à la plage !

Donc dimanche est déjà là, départ à 9h pour Chomoni! Une voiture nous attend pour partir. On part avec Chabani, sa femme et son fils, ainsi que Monsieur Clairvoyant, un ami de Chabani qui a sa voiture.

La route, ou plutôt le chemin devient difficile dès que l’on sort de la capitale car rien n’est entretenu au niveau de la voirie (enfin si on peut appeler ça comme ça) ! Mais bon, on monte dans les hauteurs de l’île, Khartala sur notre droite encore bien haut dans les nuages, pour resdescendre vers la plage.

Sur le chemin, on s’arrête à Koimbani, village d’origine de Chamani. Aujourd’hui se prépare un grand mariage, donc tout le village est en effervescence ! On nous raconte que cela dure 9 jours de fête et de « mangement ». Les parents des futurs mariés nous accueillent et nous invitent à boire un verre, alors que les préparatifs vont bon train.

Finalement, on redescend la route qui mène à la plage, plus calme, pour arriver à une petite plage de sable très blanc qui dénote de la coulée de lave noire que l’on apercoit en altitude. Ali, l’homme de la plage, nous propose une cabane pour nous abriter du soleil qui tape. C’est pour cela qu’il n’y a encore personne dans l’eau ! En tous les cas, le paysage est magnifique, sable blanc, mer bleue, bref un vrai moment de repos. Marie et moi nous succédons pour piquer une tête dans la mer. Malheureusement, il n’y a que peu de poissons ici car le rivage n’offre pas assez de récifs coraliens et c’est un peu plus loin que l’on trouvera un peu plus de flore et de faune.

On déjeune assez sommairement, mais on avait plus soif que faim. Ali me dit que si je reviens, on pourra aller pêcher la langouste… donc pourquoi pas au prochain épisode.

La vue de la plage en arrivant par la route

Les hauteurs de la Grande Comore

On s'est baignés là🙂

La plage de Chomoni

Les hauteurs de Grande Comore

En tous les cas, alors que le soleil baissait un peu en intensité, on retournait profiter de la mer, marée montante, avant de reprendre le chemin retour. Sur la route, les festivités du mariage commençaient à peine et le village était bondé ! Chabani nous dépose près de chez nous alors que la soirée commence à tomber. On rentre avec plein de belles images, malgré tout un peu fatigués par la chaleur. La douche fraîche sera un vrai bonheur avant d’aller se coucher.

– olivier

Publié par : Marie | 10 avril 2010

nouvelles

 Bonjour!

Nous voilà depuis le 06 avril aux Comores après une escale de quelques jours chez Anne à Mayotte.

Je trouve enfin quelques minutes pour m’installer à un cyber et donner des nouvelles. Il faut dire que tous les 2 nous avons été attelé à nos mission quasiment sans transition. Par où commencer? Ces premiers jours en Terre comorienne ont été bien remplies…

Olivier vous parlera sûrement de son boulot mieux que moi. Sa mission va être également bien chargée mais pour l’instant ça lui plait beaucoup.

Ma mission avec l’Adsf auprès de l’hôpital EL Maarouf commence doucement. J’ai rencontré Chabani, le correspondant de l’association aux Comores le jour de mon arrivée. C’est un vrai phénomène, je vous en reparlerai:) En tout cas on se rend compte rapidement qu’il est le pivot de cette association ici, il ne compte ni son temps ni son énergie pour notre projet. Il passe pour l’instant beaucoup de temps à me briefer sur les avancements des mission, les perspectives à venir, tout le volet administratif que je vais devoir prendre en main.

Il m’explique aussi le fonctionnement de l’hôpital, la grande complexité des relations interpersonnelles, interservices, des conflits d’intérêt permanents qui y règnent… Bref cet hôpital est réputé pour être une vraie jungle, tout ça bien sûr au détriment des patients qui le surnomment tantôt le mouroir, tantôt la morgue. J’ai passé pour ma part les 3 premiers jours à l’hôpital à …. attendre, et… attendre… que le directeur veuille bien me signer une note de service me permettant de travailler. Et oui sans cette note signée de sa main ma condition de « sans-papier » ne m’a pas permis d’approcher la maternité, donc je connais désormais le moindre recoins du service de direction…. Mais ne sais toujours pas à quoi ressemble la salle d’accouchement!!

Bref le problème étant réglé, je commence réellement mon travail lundi prochain!

En dehors de la mission à la maternité, bien d’autres choses sont en train de sa mettre en place avec l’ADSF, je vous en reparlerai! En tous cas malgré une petite appréhension, les projets en cours et à venir me passionnent et j’ai hâte de m’y atteler!

Sinon, nous sommes pour l’instant installés dans un appartement au quartier « la Coulée » à Moroni . J’espère que je pourrais rapidement vous mettre des photos de la ville. C’est une petite capitale, dont on fait assez rapidement le tour, construite en bord de mer. Elle s’articule autour de quelques axes bétonnés et commerçants, et vie au rythme des embouteillages, des pluies diluviennes qui s’abattent à tous moments, des appels à la prière du muezzin, des multitudes colorées de femmes enveloppées dans leurs chiromanis. Le reste de la ville est un fouillis de tôle ondulées dans lesquelles s’entassent les familles, de maisons bétonnées rarement achevées, de carcasses et d’ordures s’entassant partout, de poules et biquettes colonisant les coins d’herbes jusque sur les ronds-points. Je m’arrête là pour l’instant dans la description de peur de tomber un peu facilement dans le cliché, nous avons encore beaucoup de chose à y découvrir et c’est avant tout une ville très accueillante, où tous les deux nous nous sentons à l’aise, et où nous prenons assez vite nos repères.

L’appartement se trouve dans une maison entouré de hauts murs, sorte de petit havre au sein d’un quartier « bidonville ». Nous avons environ 40 m², 2 chambres un salon rudimentaire, une cuisine équipé d’un unique frigo et une salle de bain, avec ce qui tient de l’exception ici: l’eau courante en permanence et l’électricité. Il s’agit d’un logement temporaire, on pense attendre juin pour trouver notre « chez-nous », puisqu’à ce moment là de nombreux coopérants finiront leurs missions et rentreront en France. Sinon je ne vous parlerai pas de la météo, rien qu’à l’évoquer j’en sue à grosses gouttes:)

 Voilà, pour les premières nouvelles. J’espère que d’autres suivront régulièrement, ainsi que les photos! En attendant j’en mets quelques unes de Mayotte. J’avais tellement hâte de retrouver ma Nanou…elle est là-bas comme un poisson dans l’eau et nous à fait découvrir un bout de l’île.

 Nous pensons fort à vous tous.

Grosses Bises!

Marie

PS : Voilà les photos de Mayotte… d’autres d’ici seront à venir🙂

Salut la Famille !

Les makis !

Publié par : Olivier | 7 avril 2010

Arrivés à bon port !

Bon, un rapide message pour vous dire qu’après 3 jours d’escale à Mayotte chez Anne et Clément, on est bien arrivés à Moroni. On a déjà fait connaissance avec nos référents ici. On a déjà commencé nos missions respectives, c’est pour ça que je peux vous écrire car on a pas Internet à la maison. Mais en bref, on est bien installés et tout se passe bien, mais la transition était plutôt rapide. En tous les cas, tout va bien🙂 et à bientôt pour plus de nouvelles…

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